TOPOSCOPE °



2025  > en cours

Exposition TOPOSCOPE -
Galerie Les2portes

Besançon

La table d’orientation, dispositif censé nommer, cadrer et stabiliser le paysage, devient ici un point de départ pour repenser notre rapport à celui-ci.

Cette série explore une géographie désorientée, où les repères vacillent. La table d’orientation n’est plus un repère fixe et rassurant, mais un élément instable à partir duquel le paysage se dérobe. Ces photographies agissent comme une carte brouillée, une projection incertaine d’un territoire. Il ne s’agit plus de transmettre de la donnée, mais de rendre visible un effacement, un fragment, une faille. Ces images cherchent moins à situer un lieu qu’à révéler ce qui résiste à sa lecture.







Vues d’expositions ©Nicolas Waltefaugle

Depuis longtemps, sa désignation commençait par un doigt pointé.
Un geste simple, presque ancestral. Advient alors un premier récit : celui du nom prononcé, du relief énoncé, du paysage rendu dicible. Puis vient le silence. Une attente suspendue, comme si la montagne, encore, demandait à être écoutée.

Cette patience ouvrait la présence.
Faire corps avec un milieu, un vivant, se laisser traverser. L’œil n’est plus seul : il fallait sentir, entendre, toucher.

Arrivée en haut, le regard se pose sur le toposcope.

Le monde y est reproduit, réduit, contenu dans un cercle d'émail.
La montagne y repose, bornée, calibrée, mesurée. Sa surface embossée nous appelle, la pulpe des doigts glisse sur les lignes, suit les noms, éprouve les contours.

Tout semble stable : altitude, direction, inscription.
Et pourtant, autour, tout varie. La brume se déplace, la lumière hésite, la paroi répond. Le sommet se défait et se reforme dans le souffle.

Le point de vue bascule, il devient aussi point d’écoute, d’odeur et point de contact.
Il devient résonance.

Proposons alors un geste de présence.
Non plus pour désigner, mais pour demeurer.