Picto ° Stratigraphie
2025 > en cours
Ce projet s’ancre dans l’exploration d’une géographie désorientée, où la table d’orientation devient un point de départ instable.
L’image n’est plus un repère fixe mais un édifice en déséquilibre dans une tentative de lire le monde. Ces photographies agissent comme une carte brouillée, une projection incertaine d’un territoire.
Il ne s’agit plus de transmettre de la donnée, mais de rendre visible un effacement, un fragment, une faille.

Depuis longtemps, sa désignation commençait par un doigt pointé.
Un geste simple, presque ancestral. Advient alors un premier récit : celui du nom prononcé, du relief énoncé, du paysage rendu dicible. Puis vient le silence. Une attente suspendue, comme si la montagne, encore, demandait à être écoutée.
Cette patience ouvrait la présence.
Faire corps avec un milieu, un vivant, se laisser traverser. L’œil n’est plus seul : il fallait sentir, entendre, toucher.
Arrivée en haut, le regard se pose sur le toposcope.
Le monde y est reproduit, réduit, contenu dans un cercle d'émail.
La montagne y repose, bornée, calibrée, mesurée. Sa surface embossée nous appelle, la pulpe des doigts glisse sur les lignes, suit les noms, éprouve les contours.
Tout semble stable : altitude, direction, inscription.
Et pourtant, autour, tout varie. La brume se déplace, la lumière hésite, la paroi répond. Le sommet se défait et se reforme dans le souffle.
Le point de vue bascule, il devient aussi point d’écoute, d’odeur et point de contact.
Il devient résonance.
Proposons alors un geste de présence.
Non plus pour désigner, mais pour demeurer.
